Bouvier bernois - L'HISTIOCYTOSE
L'Enclos aux Anges - Elevage de Bouviers Bernois
L'Histiocytose


Chez le chien, les maladies histiocytaires constituent un groupe de maladies hétérogènes, comportant les histiocytoses réactionnelles (histiocytoses cutanée et systémique), et les formes tumorales (histiocytome bénin et histiocytose maligne ou sarcome histiocytaire).

  • L’histiocytome cutané : tumeur bénigne, qui régresse spontanément, et touche les chiens jeunes de toutes races. 
  • Les histiocytoses réactionnelles, cutanée ou systémique (atteinte multi organes), sont non tumorales mais de pronostic réservé, et correspondraient à des disfonctionnements immunitaires.
  • L’histiocytose maligne ou sarcome histiocytaire (très souvent, atteint multi organes) est une affection tumorale dont le pronostic est très réservé, c’est un cancer. 
Cette forme de cancer touche beaucoup de nos bernois vers l'âge de 7 ans et le pronostic en est très réservé.

IL FAUT GARDER A L’ESPRIT QUE, TOUTES RACES CONFONDUES, 1 CHIEN SUR 4 MEURT D’UN CANCER

Les signes cliniques sont : une fatigue anormale, une perte de poids, perte d'appétit, une dégradation rapide de l'état général, la détection de nodules à la palpation ou à la radio. Le chien peut aussi présenter des symptômes pulmonaires, hématopoïétiques, cérébraux ou autre… 
Ce tableau clinique n'évoque pas forcément une histiocytose maligne mais doit orienter votre vétérinaire vers un diagnostic plus poussé.

Le traitement par chimiothérapie reste d'efficacité médiocre et malheureusement la maladie est rapidement mortelle.

Un travail de recherche sur les causes génétiques de l'histiocytose maligne est mené au laboratoire du CNRS / faculté de médecine à Rennes par les docteurs Catherine André et Benoît Hédan, en collaboration avec le docteur Patrick Devauchelle, spécialisé en cancérologie à l'école vétérinaire de Maison Alfort et avec le concours du club de race.

L'équipe de recherche travaille à partir de prélèvements sanguins de chiens atteints et de leurs apparentés.
Ce travail de recherche aboutirait à la mise au point d'un test génétique de dépistage par la méthode PCR, méthode qui permet d'augmenter le nombre de copies d'une région donnée de l'ADN ; ce qui permettra, à terme, par une simple prise de sang de déterminer si les chiens sont sains, porteurs ou atteints.

Ci-dessous un extrait tiré de cette recherche :

Les causes et la physiopathologie de ces maladies sont mal connues.

Chez l’homme, plusieurs formes existent aussi, certaines formes graves, tumorales chez l’enfant correspondraient à l’histiocytose maligne chez le chien. L’objet des recherches actuelles est de mieux en comprendre la physiopathologie et de rechercher les causes génétiques de l’histiocytose maligne chez le bouvier bernois pour le chien, mais aussi en génétique médicale (pour nous les humains!).

Les aspects cliniques et physiopathologiques sont renseignés grâce à une enquête avec un questionnaire exhaustif distribué aux vétérinaires ayant fourni les cas pour l’étude génétique. 
Ce questionnaire a permis de mieux définir la maladie sur le plan clinique :
L’histiocytose maligne se caractérise par une présentation clinique peu spécifique et conduit à un diagnostic souvent tardif. 
L’âge moyen au diagnostic étant de 6 ans mais variant de 2 à 10 ans (entre 4 et 8 ans pour la grande majorité des chiens).
Une altération progressive de l’état général et un amaigrissement sont souvent les seuls signes d’appel. Une toux, une dyspnée, une boiterie, ou la découverte d’une masse ou d’une adénomégalie constituent les autres motifs de consultation. Les lésions intéressent le plus souvent les poumons et le foie, la rate, les noeuds lymphatiques, mais tout autre organe peut être touché. L’histiocytose maligne peut être localisée à un seul organe mais elle est le plus souvent d’emblée généralisée. 

Différentes chimiothérapies ont été décrites sans avoir démontré de réelle efficacité. Cette gravité clinique associée à des possibilités thérapeutiques limitées et à l’augmentation du nombre de cas, renforce l’importance d’un diagnostic précoce, voire même d’un dépistage : d'où le projet de recherche en génétique.Tous les cas inclus dans l’étude génétique ont fait l’objet d’une analyse histologique systématique et immuno-histochimique pour les cas difficiles à diagnostiquer. En effet, le diagnostic de certitude se fait uniquement par l’analyse histologique. L’étude du pedigree (plus de 300 chiens), a tout d’abord permis de suspecter un mode de transmission oligogénique, c’est à dire impliquant un petit nombre de gènes. A partir de ce pedigree, une étude génétique a été effectuée sur 200 chiens les plus informatifs (connaissance du diagnostic, possession des ADN des apparentés…). 
D’un autre coté, une centaine de prélèvements de bouviers bernois sains et atteints, du cheptel américain ont aussi été collectés et analysés par un laboratoire américain du NIH (National Institute of Health) . A partir des prélèvements sanguins de tous ces chiens, l’ADN a été extrait et utilisé pour les analyses génétiques selon deux approches complémentaires :
  • l’une dite de “ analyse de liaison génétique” avec le pedigree “français” menée au CNRS de Rennes ,
  • l’autre dite « analyse d’association » avec les “ chiens américains ” menée au NIH aux Etats-Unis. Le but étant d’identifier les chromosomes portant les gènes défectueux en cause, puis les gènes en question et bien sur les mutations responsables. 
Les deux approches d’analyses génétiques complémentaires associées ont donné de très récents résultats, en cours de validation. Des régions sur les chromosomes ont été identifiés, mais pas encore les gènes responsables. 
Les travaux de recherche se poursuivent donc pour rechercher les gènes dans ces régions chromosomiques. 

Renseignements :Catherine André, Benoit Hédan, CNRS/ Université de Rennes.
Santé du bouvier bernois. Illustration histiocytose



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